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    Dette EHPAD après décès : qui paie, comment se protéger

    9 min de lectureMis à jour : Octobre 2026
    Lecture audio · voix générée par IA

    Dettes d'EHPAD après un décès : les délais qui comptent#

    Données publiques vérifiées

    Délais et règles vérifiés en août 2026, avec le lien vers chaque source officielle.

    Délai pour renoncer à une succession sans être relancé
    4 moisaprès le décès

    Déclaration au greffe du tribunal judiciaire (Cerfa 15828) ou chez le notaire.

    service-public.fr· 2026
    Prescription des factures d'hébergement impayées
    5 ansà compter de l'exigibilité
    Code civil, article 2224· 2026
    Part des ressources reversée au département (ASH)
    90 %% des ressources
    service-public.fr· 2026
    Prix médian EHPAD (chambre seule, France)
    2 004 €€/mois

    Chambre individuelle, hébergement permanent, dernières données publiées.

    CNSA — Analyse des tarifs EHPAD· 2024

    Au décès d'un proche en EHPAD, deux questions financières surviennent presque toujours : qui paie les factures impayées, et l'aide sociale versée doit-elle être remboursée ? Voici un guide clair pour ne pas se laisser surprendre.

    Cette page traite les sommes réclamées par l'établissement au décès. Si votre question porte sur l'héritage lui-même, la vente du logement ou la protection du patrimoine familial, voir succession et patrimoine après un EHPAD.

    Première étape : la succession#

    Les dettes d'EHPAD font partie du passif successoral. Elles sont payées en priorité sur l'actif net (biens du défunt après inventaire). Si l'actif suffit, les héritiers n'ont rien à payer sur leurs deniers personnels.

    Trois options pour les héritiers :

    • Acceptation pure et simple : on hérite tout, dettes comprises.
    • Acceptation à concurrence de l'actif net : on n'est redevable des dettes que dans la limite de ce qu'on hérite.
    • Renonciation : on n'hérite de rien et on n'est plus appelé pour les dettes du défunt.

    L'obligation alimentaire : un risque réel#

    Même si la succession est déficitaire, les enfants, gendres et belles-filles peuvent être appelés à payer le reliquat des factures EHPAD au titre de l'obligation alimentaire (article 205 du Code civil). Cette obligation s'apprécie selon les ressources de chaque débiteur.

    Pour l'ASH, les petits-enfants sont dispensés de contribution depuis le 10 avril 2024 (article L132-6 du CASF). En dehors de l'ASH, ils ne peuvent être sollicités qu'à défaut de débiteurs plus proches. Notre guide sur le financement de la maison de retraite détaille ce mécanisme.

    La récupération de l'ASH#

    L'Aide sociale à l'hébergement est récupérable sur la succession dès le premier euro, dans la limite des sommes versées et de l'actif net. Il n'existe pas de franchise nationale de 46 000 € pour l'ASH. Le département se rembourse :

    • Sur l'actif successoral net (biens, comptes, valeurs).
    • Sur les donations consenties par le défunt dans les 10 ans précédant la demande d'aide.
    • Sur le legs.

    Source : service-public.fr (F2444), CASF articles L132-8 et R132-12.

    Comment se protéger#

    • Faire établir un inventaire successoral avant toute acceptation.
    • Privilégier l'acceptation à concurrence de l'actif net en cas de doute.
    • Renoncer à la succession si elle est manifestement déficitaire (Cerfa 15828, gratuit).
    • Solliciter le département pour un échelonnement de la récupération de l'ASH si elle compromet la situation des héritiers.

    Prescription des dettes#

    Les factures EHPAD se prescrivent par 5 ans. Au-delà, l'établissement ne peut plus en réclamer le paiement. L'ASH suit la prescription propre des actions du département (généralement 5 ans aussi).

    Anticiper plutôt que subir : chiffrer le reste à charge#

    La plupart des dettes d'hébergement naissent d'un reste à charge sous-estimé au moment de l'entrée. Chiffrer le budget et demander l'ASH à temps évite l'accumulation d'impayés que la succession devra solder.

    Questions fréquentes

    Cliquez sur une question pour afficher la réponse.

    En priorité la succession du défunt (actif net successoral). Si l'actif est insuffisant, les héritiers peuvent être appelés via l'obligation alimentaire (descendants, gendres, belles-filles), sauf renonciation à la succession.

    Déclaration de renonciation au greffe du tribunal judiciaire (formulaire Cerfa 15828) dans les 4 mois suivant le décès, ou par voie notariale. La renonciation est gratuite et libère l'héritier des dettes du défunt.

    Pas dans une demande d'ASH : depuis le 10 avril 2024, les petits-enfants sont dispensés de contribution pour l'aide sociale à l'hébergement d'un grand-parent (article L132-6 du CASF). L'obligation alimentaire civile (article 205 du Code civil) existe toujours en dehors de l'ASH, mais seulement à défaut de débiteurs plus proches.

    Oui, l'ASH est récupérable sur la succession dès le premier euro (différence avec l'APA qui ne l'est pas). Le département se rembourse sur l'actif successoral net.

    Les créanciers (EHPAD, département pour l'ASH) ne peuvent réclamer plus que l'actif net. Les héritiers qui ont accepté à concurrence de l'actif net ne paient rien sur leurs deniers personnels.

    5 ans à compter de l'exigibilité des factures (prescription quinquennale des dettes périodiques). Pour l'ASH, le département peut agir tant que la succession n'est pas clôturée.

    Les factures impayées constituent une dette de la succession et sont réglées sur l'actif net du défunt. Un héritier qui accepte à concurrence de l'actif net, ou qui renonce, ne paie rien sur ses deniers personnels. Le risque distinct reste l'obligation alimentaire prévue à l'article 205 du Code civil (source : service-public.fr).

    L'héritier dispose de 4 mois après le décès sans pouvoir être contraint de choisir, puis de 10 ans pour exercer son option. La renonciation se déclare au greffe du tribunal judiciaire avec le formulaire Cerfa 15828, ou chez le notaire. Elle est gratuite (source : service-public.fr).

    Depuis la loi ASV de 2015, seules les prestations réellement délivrées jusqu'à la date du décès sont dues, plus les frais liés à la libération de la chambre dans les conditions prévues au contrat de séjour. Une facturation forfaitaire de plusieurs semaines après le décès peut être contestée (source : service-public.fr).

    Cinq ans à compter de l'exigibilité de chaque facture, en application de la prescription de droit commun de l'article 2224 du Code civil. Passé ce délai, l'action est éteinte. Une relance amiable n'interrompt pas la prescription : seule une action en justice ou une reconnaissance de dette l'interrompt.

    Oui, l'aide sociale à l'hébergement est récupérable sur la succession dès le premier euro d'actif, contrairement à l'APA qui ne l'est jamais. Le département déclare sa créance auprès du notaire et se rembourse sur l'actif successoral net (source : service-public.fr).

    Demandez d'abord le détail par prestation et la copie du contrat de séjour, par lettre recommandée. En cas de désaccord persistant, saisissez la personne qualifiée de l'ARS ou du département, puis le conseil de la vie sociale. Le juge des contentieux de la protection reste compétent en dernier recours.

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