Guide Solalie

    Obligation alimentaire EHPAD : qui paie, combien, comment

    8 min de lectureMis à jour : 21 octobre 2026
    Lecture audio · voix générée par IA

    Quand un parent entre en EHPAD et que ses revenus ne couvrent pas le tarif hébergement, le département peut solliciter ses enfants, sauf dispense, au titre de l'obligation alimentaire. Elle n'est pas automatique et son montant se discute : voici comment fonctionne le dispositif et comment protéger votre budget.

    Qu'est-ce que l'obligation alimentaire ?#

    Prévue par les articles 205 à 211 du Code civil, l'obligation alimentaire impose aux descendants d'aider financièrement un parent dans le besoin. Elle est réciproque : parents et enfants se doivent secours en cas de nécessité. Concrètement, en EHPAD, elle peut intervenir lorsque le parent est dans le besoin, même sans ASH. Dans une demande d'ASH, le département examine les contributions des obligés concernés.

    Qui est concerné (et qui ne l'est pas)#

    • Enfants : contribution selon leurs ressources et leurs charges, sauf dispense.
    • Petits-enfants : dispensés dans une demande d'ASH pour un grand-parent depuis le 10 avril 2024 (article L132-6 du CASF).
    • Gendres et belles-filles : concernés tant que le mariage dure et que des enfants vivants sont issus de l'union.
    • Conjoint survivant : soumis au devoir de secours, pas à l'obligation alimentaire (règles distinctes).
    • Frères et sœurs, neveux, nièces : jamais concernés.

    Quand est-elle activée ?#

    L'obligation alimentaire n'est pas automatique à l'entrée en EHPAD. Dans une demande d'ASH (Aide Sociale à l'Hébergement)déposée auprès du CCAS ou du département, les ressources des obligés concernés sont examinées. Sans ASH, une demande civile d'aide à un parent dans le besoin reste possible ; en cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut être saisi.

    Comment le département calcule la contribution#

    Chaque département applique son propre barème indicatif. Il tient compte des revenus nets imposables, du nombre de personnes à charge, du loyer ou crédit immobilier, et des charges exceptionnelles (études des enfants, santé).

    • Aucun pourcentage national : la contribution dépend des besoins et des moyens de chacun.
    • Les barèmes départementaux sont indicatifs et ne remplacent pas l'examen de la situation personnelle.
    • Le calcul est révisable si votre situation change (perte d'emploi, naissance, séparation).

    → Estimer le reste à charge EHPAD avec notre simulateur gratuit

    Les motifs d'exonération#

    L'article 207 du Code civil prévoit plusieurs cas où le juge peut décharger un obligé alimentaire :

    • Manquement grave du parent : abandon avéré, absence de contribution à l'éducation, désintérêt total.
    • Indignité : violences, condamnation pour crime ou délit contre l'obligé.
    • Enfant retiré avant 12 ans par décision judiciaire : exonération de plein droit.

    L'exonération n'est jamais automatique : il faut apporter la preuve (jugement, témoignages, correspondances) et saisir le juge aux affaires familiales.

    Recours devant le juge aux affaires familiales#

    Deux étapes possibles :

    1. Recours amiable auprès du département : fournir avis d'imposition, bulletins de salaire, justificatifs de charges et situation familiale.
    2. Saisine du JAF par requête motivée (assistance d'avocat non obligatoire). Le juge peut réduire, répartir différemment ou supprimer la contribution.

    Délai moyen d'une procédure devant le JAF : 4 à 8 mois. Pendant ce temps, le département peut demander une provision, mais le montant définitif attend la décision.

    Obligation alimentaire et succession#

    L'obligation alimentaire s'éteint au décès du bénéficiaire. Les sommes versées avant décès ne sont pas récupérables. En revanche, si le département a versé l'ASH, il pourra exercer un recours sur succession sur l'actif net, dans la limite des sommes versées, sans franchise nationale de 46 000 €.

    Sources vérifiées le 21 octobre 2026 : Service Public, aide sociale à l'hébergement, loi du 8 avril 2024, article 23 modifiant l'article L132-6 du CASF.

    Anticiper avant la demande d'ASH#

    Avant de solliciter l'ASH et l'examen des contributions familiales, vérifiez toutes les autres aides mobilisables : APL, APA, réduction d'impôt. Un simulateur permet souvent d'éviter le recours à l'ASH quand le reste à charge est proche de l'équilibre.

    → Comparer des EHPAD adaptés au budget familial

    Questions fréquentes

    Cliquez sur une question pour afficher la réponse.

    Les enfants et les autres obligés alimentaires concernés peuvent contribuer selon leurs ressources. Pour une demande d'ASH au bénéfice d'un grand-parent, les petits-enfants sont dispensés depuis le 10 avril 2024 dans toute la France (article L132-6 du CASF). Le devoir de secours du conjoint et l'obligation alimentaire civile restent distincts.

    L'obligation alimentaire civile existe lorsqu'un parent est dans le besoin, même sans ASH. Dans une demande d'ASH, le département examine la participation des obligés concernés avant de fixer son aide. Les petits-enfants sont dispensés de cette contribution à l'ASH pour un grand-parent.

    Chaque département applique son propre barème indicatif basé sur les revenus nets, la composition du foyer et les charges (loyer, crédits, enfants à charge). Aucun pourcentage national ne fixe la contribution : elle dépend des besoins du parent, des ressources et des charges de chacun. Le montant final est fixé par le juge aux affaires familiales en cas de désaccord.

    Oui, principalement pour indignité (violences, abandon, condamnation pour crime contre l'obligé alimentaire) ou pour manquement grave du parent à ses devoirs (article 207 du Code civil). Un enfant retiré de sa famille avant 12 ans par décision judiciaire est exonéré de plein droit vis-à-vis du parent défaillant.

    Deux voies : recours amiable auprès du département (fournir avis d'imposition, charges, situation familiale), puis saisine du juge aux affaires familiales (JAF) par requête motivée. Le juge peut réduire, supprimer ou répartir différemment la charge entre les obligés.

    Non, l'obligation alimentaire s'éteint au décès du bénéficiaire. En revanche, le recours sur succession de l'ASH continue de s'appliquer sur l'actif net successoral, sans franchise nationale de 46 000 € (voir notre guide dette EHPAD après décès).

    Les enfants peuvent devoir aider un parent dans le besoin selon leurs ressources et leurs charges. Cette obligation civile existe aussi sans demande d'ASH. Pour l'ASH, le département examine les contributions des obligés concernés, mais les petits-enfants sont dispensés depuis le 10 avril 2024 dans toute la France. Les frères et sœurs ne sont pas obligés alimentaires (sources : code civil, articles 205 à 207 ; CASF, article L132-6 ; service-public.gouv.fr F2444).

    Non, il n'existe aucun barème national obligatoire. Chaque département applique son propre barème indicatif à partir des ressources et des charges de chaque obligé alimentaire. En cas de désaccord, seul le juge aux affaires familiales fixe le montant dû (sources : code civil, conseils départementaux).

    Le juge peut décharger totalement ou partiellement un enfant quand le parent a gravement manqué à ses obligations envers lui. La dispense est de droit lorsque l'enfant a été retiré de son milieu familial par décision judiciaire pendant au moins trente-six mois avant ses douze ans (article 207 du code civil). C'est le juge aux affaires familiales qui statue, pas le département (source : code civil).

    La répartition n'est pas égalitaire : elle tient compte des ressources et des charges de chaque obligé alimentaire. Un enfant aux revenus modestes peut n'être appelé à rien verser tandis qu'un autre contribue davantage. La part restante est prise en charge par le département au titre de l'aide sociale à l'hébergement (sources : code civil, service-public.fr).

    Oui. Contrairement à l'APA, l'ASH est une avance récupérable, du vivant du bénéficiaire en cas de retour à meilleure fortune et au décès sur la succession. C'est la différence principale à connaître avant de déposer une demande (source : service-public.fr, fiche ASH F2444, vérifiée le 1er janvier 2026).

    Trouvez un EHPAD près de chez vous

    Trouvez la maison de retraite idéale

    Comparez les établissements proches de chez vous, estimez le reste à charge et parlez à une vraie personne quand vous le souhaitez.

    • Gratuit pour les familles
    • Sans démarchage
    • Sans engagement