Passé 60 ans, l'AAH ne disparaît pas d'un coup. Selon le taux d'incapacité et le patrimoine, elle peut se transformer en AAH différentielle, basculer vers une retraite pour inaptitude, ou coexister avec l'APA en EHPAD. Voici les règles à connaître.
Le tournant des 62 ans
À 62 ans, la loi impose un basculement automatique vers la retraite. Deux règles s'appliquent selon le taux d'incapacité reconnu par la CDAPH :
- Taux ≥ 80 % : maintien de l'AAH sous forme différentielle, en complément de la retraite
- Taux 50-79 % : bascule vers une retraite pour inaptitude au travail à taux plein
Détails dans notre guide « Cumul AAH et retraite ».
AAH ou ASPA : le vrai enjeu patrimonial
L'ASPA (minimum vieillesse, 1 034,28 €/mois en 2026 pour une personne seule) est parfois légèrement supérieure à l'AAH différentielle. Mais deux différences majeures existent :
- L'ASPA est récupérable sur la succession au-delà de 40 000 € d'actif net (100 000 € en Outre-mer)
- L'AAH n'est jamais récupérable — c'est un revenu de remplacement
Si le patrimoine du bénéficiaire est ≥ 40 000 €, l'AAH est presque toujours plus avantageuse pour les héritiers. À évaluer au cas par cas avec la CAF, la caisse de retraite ou une assistante sociale.
AAH et EHPAD : cumul avec les aides
En EHPAD, l'AAH (ou l'AAH différentielle) coexiste avec :
- L'APA en établissement — dépendance
- L'APL ou l'ALS — hébergement
- Éventuellement l'ASH — aide sociale à l'hébergement
L'AAH entre dans le calcul de l'obligation alimentaire demandée aux enfants — voir notre guide.
Point médical : le taux d'incapacité en gériatrie
Pour les personnes âgées présentant des troubles cognitifs importants (Alzheimer avancée, démence vasculaire, séquelles d'AVC), le taux de 80 % est fréquemment reconnu par la CDAPH. C'est ce qui permet le maintien de l'AAH différentielle après 62 ans. Une demande à anticiper dès que le diagnostic est posé.