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    Récupération après un AVC : SSR, EHPAD, soins de suite — le parcours

    10 min de lectureMis à jour : 29 juillet 2026
    Lecture audio · voix générée par IA

    Un accident vasculaire cérébral bouleverse la vie d'une famille en quelques heures. Après la phase hospitalière, la question devient rapidement : où va-t-il ou elle aller ? Un retour direct à domicile est-il possible ? Faut-il d'abord passer par un service de soins de suite, puis envisager un EHPAD ? Voici le parcours de récupération recommandé par la HAS en 2026, les critères qui orientent la décision et les aides financières mobilisables à chaque étape.

    À retenir

    • Parcours type : UNV → SSR neurologique → domicile ou EHPAD.
    • Fenêtre de récupération : les 6 premiers mois sont déterminants.
    • Prise en charge : ALD 5, tout remboursé à 100 %.
    • EHPAD adapté : présence de kinésithérapie et orthophonie.
    • Alternative si < 60 ans : MAS ou FAM plutôt qu'EHPAD.

    Le parcours de soins après un AVC#

    Depuis 2010, la France a structuré la filière neurovasculaire autour de trois maillons :

    1. Unité Neurovasculaire (UNV) : hospitalisation d'urgence en service spécialisé, thrombolyse ou thrombectomie si l'AVC est ischémique, surveillance neurologique 3 à 10 jours.
    2. Soins de Suite et Réadaptation (SSR) neurologique : rééducation intensive pluridisciplinaire 4 à 12 semaines. Kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, psychologue, activité physique adaptée plusieurs heures par jour.
    3. Retour à domicile ou orientation en établissement : selon le degré d'autonomie récupéré à la sortie du SSR.

    Sauter le SSR est un mauvais calcul. Selon France AVC, les patients qui passent en SSR récupèrent en moyenne 30 % de fonction motrice supplémentaire par rapport à ceux qui rentrent directement à domicile ou en EHPAD sans rééducation intensive.

    Domicile ou EHPAD après le SSR#

    Situation à la sortie du SSROrientation recommandée
    Autonomie récupérée à 80 % ou plusRetour à domicile avec kiné et orthophonie de ville
    Hémiplégie modérée, marche possible avec aideDomicile aménagé + APA + auxiliaire de vie ou résidence autonomie
    Hémiplégie sévère, aphasie, aidant épuiséEHPAD avec équipe formée aux AVC
    Démence vasculaire post-AVCEHPAD avec unité protégée si troubles du comportement
    Moins de 60 ans, handicap lourdMAS ou FAM (secteur handicap adulte)

    Choisir un EHPAD adapté à l'AVC#

    Les critères à vérifier

    • Kinésithérapeute libéral qui passe au moins 2 à 3 fois par semaine.
    • Orthophoniste conventionné pour l'aphasie et les troubles de la déglutition.
    • Personnel formé à la manutention des personnes hémiplégiques (transferts, lève-malade).
    • Chambre équipée : lit médicalisé, barre d'appui, salle de bain adaptée.
    • Activités adaptées : ateliers mémoire, groupes de parole, stimulation cognitive.
    • Partenariat avec un SSR neurologique proche pour les rééducations intensives complémentaires.

    Un EHPAD généraliste sans kinésithérapeute régulier fera perdre du terrain rapidement à un patient post-AVC. C'est un point à trancher dès la visite. Notre page dédiée aux EHPAD adaptés à l'hémiplégie liste les établissements avec projets AVC.

    La question du délai d'admission#

    Le passage direct SSR → EHPAD est théoriquement possible en 2 à 6 semaines. En pratique, les listes d'attente allongent les délais. Trois solutions :

    • Anticiper : déposer les dossiers d'admission dès la 4ème semaine de SSR, sur plusieurs EHPAD.
    • Hébergement temporaire : un EHPAD peut accueillir en séjour limité (jusqu'à 90 jours par an) le temps qu'une place se libère. Voir notre guide sur l'hébergement temporaire.
    • Retour transitoire à domicile avec HAD (hospitalisation à domicile) et APA d'urgence, en attendant la place définitive.

    Coût et prise en charge financière#

    Ce qui reste à payer

    • SSR : forfait journalier 20 €/jour en 2026, souvent pris en charge par la mutuelle.
    • EHPAD : tarif hébergement à charge (2 200 à 5 500 €/mois), tarif dépendance couvert par l'APA, soins remboursés à 100 %.
    • APL ou ALS possibles selon les ressources.
    • ASH dans les EHPAD habilités à l'aide sociale.
    • Kiné, ortho, transports en ambulance : 100 % ALD 5.

    Accompagner l'aidant familial#

    Éviter l'épuisement

    Un tiers des aidants d'un proche post-AVC développent une dépression dans l'année. Ne pas hésiter à demander un accueil de jour, un séjour temporaire pour souffler, une consultation avec un psychologue prise en charge (dispositif MonPsy). France AVC anime des groupes de parole gratuits dans toute la France.

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    Questions fréquentes

    Cliquez sur une question pour afficher la réponse.

    Un accident vasculaire cérébral (AVC) est l'interruption brutale de la circulation dans une partie du cerveau, soit par un caillot (AVC ischémique, 80 % des cas), soit par une rupture de vaisseau (AVC hémorragique, 20 %). Chaque minute compte : plus la prise en charge est précoce, plus les séquelles sont limitées. On dénombre environ 140 000 AVC par an en France selon Santé Publique France.

    Trois étapes : hospitalisation en Unité Neurovasculaire (UNV), puis souvent transfert en Soins de Suite et Réadaptation (SSR) neurologique pour 4 à 12 semaines de rééducation intensive, enfin retour à domicile avec suivi ou orientation vers un EHPAD si l'autonomie est trop altérée. Le passage direct de l'hôpital à l'EHPAD sans SSR est déconseillé : la fenêtre de récupération se joue les 6 premiers mois.

    Le SSR est un lieu de rééducation intensive avec kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie plusieurs heures par jour, séjour limité à 3-6 mois. L'EHPAD est un lieu de vie durable pour personnes dépendantes, avec beaucoup moins d'heures de rééducation. Le SSR est totalement pris en charge par l'Assurance Maladie. L'EHPAD reste payant après aides.

    Oui, l'AVC entre dans les affections de longue durée (ALD 5 : accident vasculaire cérébral invalidant). Tous les soins liés (rééducation, médicaments, transports) sont remboursés à 100 % sur la base du tarif Sécurité sociale. Le forfait journalier hospitalier (20 €/jour en 2026) reste à la charge du patient ou de sa mutuelle.

    L'hémiplégie avec perte totale d'autonomie, l'aphasie sévère qui rend la communication impossible, les troubles cognitifs post-AVC (démence vasculaire), les troubles graves de la déglutition, l'incontinence combinée à une immobilité. Un EHPAD s'impose quand plusieurs actes de la vie quotidienne (toilette, repas, transferts) nécessitent une aide humaine plusieurs fois par jour.

    Un établissement avec équipe kinésithérapie et orthophonie sur place (au moins passages hebdomadaires), un projet de vie qui préserve les activités adaptées, et si possible un partenariat avec un SSR neurologique proche. Voir notre guide EHPAD adapté aux personnes hémiplégiques.

    Oui, la récupération continue au-delà des 6 premiers mois, plus lentement. Les EHPAD avec kinésithérapie régulière et animations adaptées permettent souvent des progrès sur la marche, la préhension et la parole. Un tiers des patients retrouvent une autonomie partielle après 12 à 18 mois. L'orthophonie prise en charge est essentielle pour l'aphasie.

    En SSR : rien à payer sauf le forfait hospitalier. En EHPAD : APA en établissement (tarif dépendance), ASH si l'établissement est habilité aide sociale, APL pour l'hébergement, exonérations d'impôts. Si la personne a moins de 60 ans, elle relève de la PCH et non de l'APA, avec parfois orientation vers une MAS ou un FAM plutôt qu'un EHPAD.

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